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Condensations - (exposition virtuelle sur le site Corridor Éléphant, 09/10. 2018)
 
Où naît l’image qu’on ne cherche pas ? Celle qui s’impose sans rien dire en un agencement de matière et de lumière, qui compose avec les formes présentes, et vient, comme dans le rêve, révéler ses « métamorphoses consenties », ses transgressions, (le rêve, langage adressé par le rêveur à lui-même) ses vitesses lentes, et surexpositions ? De quoi sont-elles les formes, ces condensations ? De quoi sont-elles le souvenir? Arbres ou bras, aile ou drap, l’image venue est un geste.

Du blanc au noir tu penches, sous la lumière qui tombe de la verrière. Tu penches dans le rayon oblique que rehausse la tige d’un iris, avant et après, tu en figures l’orbe des pétales fragiles avec les plis du tissu. Avec l’enveloppe blanche du drap tu deviens le bourgeon avant qu’il ne se déplie. Tu passes et plies comme les floraisons des bords de route, épaule, main, pieds, sein, sont chairs végétales. Tu es ce que tu désignes, que tu portes à bout de main, cette figure à cinq branches : un corps possible, un corps rêvé qui se tord et danse. Tu es ce fruit consumé, ses plis, son œil, résolue par le feu. Tu es dans la glace et dans les miroirs ce voile du regard qui s’efface. Tu es le sexe de ta fleur à laquelle s’accroche la lumière oblique. Les images qui surgissent sont les pierres qui marquent les chemins de nos songes. 

Philippe Agostini